mercredi 1 décembre 2010

Le silence éloquent

Joueur de Vînâ à triple résonateur, Hampi



"La parole de Dieu immédiate n'est autre que l'expression de son Verbe dans l'âme, parole substantielle, qui n'a aucun son ni articulation, parole vivifiante et opérante, selon qu'il est écrit : Il a parlé et tout a été fait, parole qui n'est jamais un moment muette ni infructueuse, parole qui ne cesse jamais dans le centre de l'âme lorsqu'il est disposé pour cela, et qui s'en retourne aussi pure à son principe qu'elle est sortie, parole où il n'y a jamais eu de méprise, parole qui fait que Jésus-Christ devient la vie de l'âme, puisqu'elle n'est autre que lui-même comme Verbe, parole qui a une efficace admirable, non seulement dans l'âme où elle est reçue, mais qui se communique en d'autres âmes par celle-là comme un germe divin qui les fait fructifier pour la vie éternelle, parole toujours muette et toujours éloquente, parole qui n'est autre que vous-même, ô mon Dieu, Verbe fait chair, parole qui est le baiser de la bouche et l'union immédiate et essentielle que vous êtes, infiniment élevée au-dessus de ces paroles créées, bornées et intelligibles".

Madame Guyon, La Vie par elle-même, I, 9, 6, pp. 202-203, édition critique par Dominique Tronc, Honoré Champion, Paris 2001

Voir aussi ce petit recueil.



"La conscience est prise de conscience de soi.

Elle est la Parole suprême qui s’élève de son propre accord.

Elle est, avant tout, liberté,

Souveraineté du Soi suprême.

Elle est Parole primordiale, dont le sens n’est point différencié (en syllabes et en mots), sans origine ni fin. En essence, elle est conscience éternelle, elle ne dépend de rien d’autre (qu’elle-même). Elle est purement et simplement liberté qui ne dépend pas d’autre chose, désignée par le mot « souveraineté ».

Elle est une fulguration de lumière, existence absolue.

Elle n’est pas modifiée par le temps et le lieu.

On proclame qu’elle est, avant tout,

Le cœur du Seigneur suprême.

Elle est fulguration de lumière, elle est l’agent de cette fulguration. Elle n’est pas l’opposé du non-être, (car) elle infuse (aussi) le non-être. Elle est existence, manifestation. Elle est l’agent de l’acte d’exister. Éternelle, elle n’est pas affectée par temps et lieux. Elle est cette puissance d’activité qu’est la conscience en acte. Elle est prise de conscience de soi. Elle est ce fondement qu’est notre Soi. Elle est le cœur du Seigneur suprême qui est toute chose, dont parlent les Écritures révélées."

Utpaladeva, Stances pour la Reconnaissance du Seigneur en soi-même, avec leur explication (Īśvara-pratyabhijñā-kārikā-vṛtti), I, 5, 13-14



Au cœur du vide, une source.

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