mercredi 10 novembre 2010

Retournes la flèche de ton attention

Où est le loup ? - chasse près du lac de Khögöl, Mongolie


C'est une étrange cécité de l'intelligence humaine qu'elle ne puisse vérifier ce sans quoi elle ne peut connaître ni voir. Il en va comme de l'œil : quand il s'applique à distinguer la multiplicité des couleurs, il ne prête pas attention à la lumière grâce à laquelle il voit toutes les autres choses, ou s'il voit la lumière, il n'y prête pas attention pour autant. Il en va de même pour notre œil spirituel : quand il regarde tel ou tel être, il néglige et ne discerne pas l'Être qui est absolument pur et simple par lequel il distingue les autres.

Henri Suso, Tel un aigle, trad. W. Wackernagel, Rivages poche, p. 64



Comme l'œil, l'Immense n'est pas un objet visible,

Et comme l'œil, il est ce qui voit.

On ne peut en faire l'expérience

Qu'en soi-même.

Sa vision n'est pas comme celle d'une jarre.

Siddha



Ô fils !

Laisse tout cela,

Tout ce qui est visible,

Tout ce qui est saisi par la vision.

Regarde ce grâce à quoi tu regardes.

Si tu vois cela,

Tu vois tout.

L'instruction essentielle (Iṣṭopadeśa)

3 commentaires:

il a dit…

magnifique parallèle entre plusieurs traditions

j'aime beaucoup votre manière de traduire en gardant le plus possible de naturel et vous autorisant une vision personnelle

deux points de détails ici :

je vous signale que les formes de l'impératif des verbes du premier groupe à la deuxième personne du singulier se terminent par "e" et non par "s" ( comme ici retourne ! laisse )

pour les textes indiens, on ne sait pas toujours très bien de quel type de texte il s'agit
comme ici "l'instruction essentielle" et "siddha", textes bouddhistes, tantriques de quelle époque ? pas évident, peut-être pourriez vous renvoyer à un glossaire ou ici me donner quelques précisions.

merci

eric

David Dubois a dit…

Merci Eric pour vos corrections.
Les deux textes indiens sont en fait des citations de textes et d'auteurs par ailleurs inconnus. Peut-être de la tradition Krama. La source des citations est la Spandapradîpikâ d'Utpalavaishnava, un auteur inclassable du courant "non dualiste shâkta non sectaire" du IX e siècle (?).

il a dit…

effectivement ce sont des sources "pointues"
grâce à vous, nous pouvons bénéficier de ces perles !
merci

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