samedi 3 décembre 2016

Pratique du son


Déesse !
Le Mantra charnel 
qui exprime la grande immensité consciente
est ta vibration,
ta présence inconditionnelle.
Cette résonance,
comme la résonance d'une cloche qui s'apaise peu à peu,
jaillit au-delà du sommet de la tête
jusqu'à l'expérience de la conscience suprême, 
ta forme originelle !

Cité dans la Yoginîhridayadîpikâ, ad II, 37a

Le "Mantra charnel" (pinda) est, par exemple, om, houng, hrîm...

Un enregistrement pour vous inspirer ? Voici :

vendredi 2 décembre 2016

A quoi sert la pratique ?

En caricaturant (un peu), il y a deux voies :
- l'expérience
- et la compréhension

L'expérience c'est, en essence, l'amour.
La compréhension c'est, en essence, la connaissance.
Shakti et Shiva.


L'expérience seule, disent les partisans de la voie de la connaissance, est une impasse. L'expérience mène à l'expérience. On tourne en rond. C'est le samsara. L'expérience est éphémère. Elle est addictive. Elle en demande toujours plus...
La compréhension seule, disent les partisans de la voie de l'amour, est une illusion. La compréhension est stérile sans pratique, sans expérience, sans ressenti. Elle nous laisse dans la misère et la famine spirituelle.

Il y a un peu de vrai dans ces critiques, de chaque côté.

Quelle est la vision juste ?
Il y a une compréhension, c'est certain, une reconnaissance à faire. Où à laisser faire, comme on voudra. Et cette reconnaissance est une expérience. Car "expérience" est un mot bien vague, qui s'entend en bien des sens ! 
Soyons clairs : certes, la conscience, notre essence, n'est pas quelque chose dont je doive faire l'expérience, à la manière dont je dois goûter le miel pour en faire l'expérience et savoir vraiment ce qu'est le miel. Car - et là les partisans de la voie de la connaissance ont raison - la conscience n'est pas un objet séparé de moi, dont je n'ai pas encore fait l'expérience. En fait, la conscience EST l'expérience. Elle est est l'espace, le lieu, le séjour, l'élément, le fondement, la texture, le substrat, l'étoffe, le contenant de tout. La distinction entre théorie (lire le menu) et la pratique (goûter le miel ou la saucisse) est valide, sauf dans le cas de la conscience. Ici, la théorie EST la pratique. Si je lis une description de Paris, je dois ensuite aller à Paris pour vraiment en avoir la connaissance. Il y a dans ce cas une distinction utile à faire entre connaissance indirecte et connaissance directe. Mais, dans le cas de la conscience, il n'y a rien à faire, nulle part où aller. La conscience est toujours déjà présente, sans quoi il n'y aurait ni "où", ni "quand", ni "comment"...
D'un autre côté, tous le mondes voit bien qu'il y a une différence, un abîme même, entre l'expérience ordinaire et l'expérience "éveillée" (ou endormie, selon les points de vue). 
Alors, comment résoudre cette énigme ?

La solution est simple :
La conscience (le Soi, Dieu, notre vraie nature, la Vibration originelle, la Source, etc.) EST l'expérience-toujours-déjà. C'est vrai. 
Elle ne peut donc être atteinte, comme on atteindrait Paris ou le pot de miel, après en avoir entendu les descriptions. 
Mais l'éveil n'est pas la conscience. 
L'éveil, c'est la conscience qui s'éveille à elle-même. 
Qu'est-ce à dire ? La conscience se connait toujours, certes. Sans cela, aucune expérience n'aurait lieu. Elle brille à chaque instant, sans quoi vous ne pourriez lire ces lignes. Mais elle ne se reconnait pas comme état la Source, Dieu, la Déesse, la Vibration, la Guérison, l'Amour, etc. Et donc, elle reste "contractée", comme gelée en elle-même, limitée, entravée, prisonnière de cet aveuglement. C'est comme être le roi sans le savoir. Ou comme être riche sans le savoir. Comme rêver sans le savoir. 

Et donc, pratiquer c'est adorer la conscience.
C'est laisser le corps, le mental et tout le reste, "retourner" dans la conscience.
C'est laisser notre être se savourer,
et grandir dans cette délectation,
jusqu'à L'Immense.
C'est possible et logique, parce que la conscience n'est pas une Lumière statique, comme une lumière physique, mais une Lumière libre, libre de se prendre pour ceci ou pour cela. Les hindous l'appellent Mâyâ, la Magicienne. Les néoadvaitas l'appellent "le mental". Mais c'est pareil.
Et donc, pratiquer (méditer, travailler, prier...), c'est adorer la conscience, tout immerger en elle.

jeudi 1 décembre 2016

Le feu de la conscience


"La conscience libre est vraiment un feu, car elle dévore 

toute chose." 

Kshémarâdja, le Coeur de la Reconnaissance

La nature de la conscience est de créer, puis d’assimiler à elle-même tout ce qu'elle crée.
A chaque instant, elle crée ce qu'elle perçoit, puis elle le dévore, le consume.
Même la conscience contractée englouti en partie les choses.
Mais une partie n'est pas assimilée, qui demeure sous forme de traces résiduelles, qu'on appelle aussi les habitudes.
Comme le soleil continue de briller derrière les nuages,
la conscience est un feu qui couve sous la cendre.

Le but de la vie n'est pas d'éteindre ce feu,
mais au contraire de le raviver pour le laisser achever son oeuvre.

Si nirvana signifie "extinction du feu du désir", alors il faut admettre que le but de la vie n'est pas le nirvana,
mais plutôt une croissance de ce feu, une expansion à l'infini,
afin que ces flammes redeviennent l'Immense (brahman).

iti shivam

mercredi 30 novembre 2016

Conférence : Le Védânta ou l'éveil sans effort ?


Soirée découverte : Le Védânta ou l'éveil sans effort ?

Il existe une voie de sagesse unique en ce monde :
Elle affirme qu'il n'existe qu'une seule conscience bienheureuse, éternelle, infinie.
Le reste n'est qu'un mythe.
Et nous sommes cette conscience.
Tu es cela.
Tel est le message du Védânta, apparu en Inde il y a trois mille ans.
Je vous propose une soirée pour approcher cette voie radicale, une voie où l'accomplissement ne dépend d'aucune expérience, mais seulement de la compréhension de ce qui est.
Qu'est-ce que l'éveil ?
Peut-on l'atteindre par une expérience spirituelle ?
Quelles sont les voies sans issue ?
Pourquoi a-t-on l'impression de "perdre" l'éveil ?
L'éveil doit-il être "stabilisé" ?
Y a-t-il une préparation à l'éveil ?
Faut-il faire quelque chose ?
Y a-t-il une pratique de la non-dualité ?
Pourquoi a-t-on l'impression que la non-dualité est "juste intellectuelle" ?
Comme vivre l'éveil ?
Pourquoi a-t-on l'impression de comprendre, 
tout en restant frustré ?
Quelles sont les clés de la non-dualité selon le Védânta ?
La non-dualité connaît une certaine popularité depuis quelques années.
Mais que dit la tradition qui a inspiré ces enseignements modernes ?
Dans cette soirée de deux heures, nous verrons les points-clé du Védânta, afin de nous y retrouver dans la "jungle de l'illumination".
Avec David Dubois

Dimanche 11
décembre 2016
19h-21h
Espace Divyan 1 Passage du jeu de boules 75011 Paris
20 euros
Infos et inscriptions :
0603330558
deven_fr@yahoo.fr

dimanche 27 novembre 2016

La pratique des mantras


Un mantra, au sens propre, c'est une syllabe, un "mantra-charnel" (pinda-mantra) comme om, houng, hrîm, sauh, etc.
Le pratiquer, c'est l'énoncer en goûtant la disparition du son dans le silence.
Il y a deux possibilités :
- soit le mantra finit par une résonnance ("mmm..."). C'est le cas le plus courant. C'est pourquoi ces mantras, comme om, sont appelés "pranava" ou "bourdonnement". Le son part du bas du corps ou du cœur. C'est pourquoi ces mantras commencent généralement par un son guttural : a, ha, ka...
- soit le mantra finit par un visarga, une "extase", une sorte d'expir "hhh....", comme le mantra sauh, par exemple. Cet expir qui part du centre de la poitrine est une pure invitation à l'extase. Souvent, cette pratique est considérée comme plus "secrète" dans les traditions du tantra non-duel.

La pratique la plus simple est donc de savourer la disparition de la vibration sonore dans le "son" du silence, comme l'indique ces versets, attribués à Shankara (Brève explication de "je suis l'Immense", aham brahma asmi, Laghuvâkyavritti) :

Les notions dualistes (forgées) par l'entendement
Changent d'instant en instant.
Mais l'acte de conscience est présent dans ces constructions mentales
Comme le fil dans (un collier de) perles. 9

De même que le fil couvert de perles
Est aperçu entre (madhya) deux perles,
De même la conscience recouverte par les notions dualistes
Brille clairement entre deux constructions mentales. 10

Quand une pensée a cessé
La conscience sans pensées
Brille clairement
Tant qu'une autre pensée n'apparaît pas. 11

Ceux qui aspirent à l'expérience de l'absolu
Doivent s'exercer avec zèle
A l'arrêt d'une pensée
En progressant ainsi :
D'abord un instant, puis deux, puis trois. 12

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